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Gabon : La Cour Constitutionnelle dissout l’Assemblée nationale et demande la démission du gouvernement

Au Gabon, c’est une décision inédite, du jamais vu dans l’histoire du pays. La Cour Constitutionnelle a décidé lundi de la dissolution de l’Assemblée nationale du Gabon, après avoir constaté son échec à organiser de nouvelles élections, après l’expiration du mandat des députés depuis 2016, et le dépassement du délai du 30 avril 2018 fixées pour organiser de nouvelles élections.

« Les pouvoirs de l’Assemblée nationale prennent fin dès la notification de la présente décision aux autorités publiques, dont le président de l’Assemblée nationale. Dans le souci d’assurer le fonctionnement régulier des pouvoirs publics, le pouvoir législatif sera représenté par le Sénat », explique Marie-Madeleine Mborantsuo, Présidente de la Cour constitutionnelle du Gabon.

Dans son rendu, la Cour Constitutionnelle n’épargne pas le gouvernement qui avait la mission d’organiser ces élections, et qui est prié de déposer sa démission après son échec. D’où l’injonction de la Cour au président de la République de procéder à la nomination d’un nouveau gouvernement qui sera uniquement responsable devant celui-ci.

« Force est de constater que le gouvernement n’a pas pu accomplir les missions qui lui sont dévolues, notamment la révision de la liste électorale depuis 2017 et la mise en place du Centre gabonais des élections depuis janvier 2018 », poursuit Marie-Madeleine Mborantsuo.

Une décision qui satisfait largement l’opposition, qui a toujours éprouvé une méfiance vis-à-vis de la Cour Constitutionnelle qu’elle a régulièrement accusée d’avoir un partie pris en faveur du président Ali Bongo Ondimba.

Tirer les leçons

« Pour une fois, la Cour constitutionnelle est allée dans la bonne direction. C’est ce qu’il fallait faire, mais de toute façon, elle ne pouvait pas faire autrement. Nous demandons au président de la République, qui est la clé de voûte des institutions de constater cette crise grave, inédite – depuis 1960… et de tirer les leçons de cette situation assez grave pour que la classe politique nationale, toutes tendances confondues, puisse se retrouver pour analyser la situation et prendre les décisions qui s’imposent pour sortir de l’ornière », confirme David Mabdinga, le porte-parole de la coalition des 41 partis de l’opposition.

Maintenant, la date des législatives sera annoncée par la Cour après avoir été saisie par le Centre gabonais des élections (CGE), une instance rassemblant des membres de la majorité et de l’opposition qui vient de se mettre en place et qui doit prêter serment mercredi. Le CGE remplace la Commission électorale nationale autonome et permanente (Cenap).

Par KAMERINFOS

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