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Lutte contre Boko Haram : Le Cameroun face au pari des « désengagés » de la secte terroriste

Suivant l’exemple des Etats voisins, la région de l’Extrême-Nord appelle les djihadistes à se repentir pour être réintégrés dans la société.

Il souhaite la mort de son fils, ne plus entendre parler de lui et ainsi laver l’honneur de sa famille. « Tuez-le. En tout cas, ne le ramenez pas chez moi », lâche sans ciller ce vieux paysan de Kolofata aux militaires qui encadrent son enfant. Dans cette commune du nord du Cameroun meurtrie par les attentats, chacun sait que l’un des rites de passage imposés aux recrues de Boko Haram est d’abattre leurs parents de sang-froid.

Le jeune homme désavoué par son père a cédé à la tentation et aux promesses d’une vie meilleure et d’un paradis garanti. Il s’est enrôlé, comme des milliers d’autres gamins de la région sans diplômes ni rêves, dans les rangs du groupe djihadiste né dans le nord-est du Nigeria voisin il y a près de dix ans, le temps de ravager le bassin du lac Tchad. Il en est revenu, esquinté et affamé, comme des centaines d’autres fantassins qui ont déserté Boko Haram.

Retour des combattants

Au Cameroun, les autorités de la région de l’Extrême-Nord ont décidé après de longs atermoiements, d’appeler au retour des combattants et des petites mains du groupe djihadiste. Entre 2 000 et 5 000 Camerounais seraient concernés, selon des estimations qui varient en fonction de l’accès au renseignement de l’interlocuteur et de son intérêt à amplifier le phénomène dans l’espoir d’attirer des fonds. Car la « déradicalisation » est une stratégie mais aussi un business.

Pour le moment, il n’y a ni vision ni budget au Cameroun, où les populations, victimes des crimes commis au nom d’Allah, restent hostiles à l’idée de cohabiter avec d’anciens combattants. « Il aurait d’abord fallu déradicaliser la population elle-même, dit l’un des chefs traditionnels mobilisés par les autorités pour cette opération. Ceux qui n’ont pas…

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Par Joan Tilouine (Maroua (Cameroun), envoyé spécial)

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