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Menaces de disparition de la presse écrite : les éditeurs interpellent le gouvernement

Au cours d’une conférence de presse tenue le 23 mai dernier à Yaoundé, la Féderation des Editeurs du Cameroun a présenté un mémorandum adressé au gouvernement du Cameroun.

L’heure est grave ! c’est une conférence de rédaction d’un autre genre qui s’est déroulée au siège du journal Le Jour, ce mercredi 23 mai 2018 à Yaoundé.  Une conférence de presse s’y tenait à l’initiative de la Fédération des Editeurs du Cameroun (Fedipresse). Ensemble, Directeurs de publications et journalistes, un mémorandum de la Fedipresse a été adressé au gouvernement camerounais, au sujet de l’aide publique à la presse privée. La fermeture momentanée du quotidien de l’Economie il y a quelques jours est l’une des raisons de ce rassemblement.

Haman Mana, président de Fedipresse | Photo : © Parfait Tabapsi

Alors que dans d’autres pays comme au Sénégal ou en Côte d’Ivoire, l’aide publique s’élève respectivement à 700 et 800 millions, au Cameroun, cette aide publique est chiffrée à 243 millions. Pour cela, le présent mémorandum vise à exprimer les désiderata de la presse camerounaise pour un fonctionnement harmonieux de l’aide publique à la presse privée. On peut lire dans ce mémorandum daté du 23 mai 2016 que : « les Editeurs de presse du Cameroun demandent une réforme de l’aide publique à l’aide publique de l’Etat. Celle-ci sera articulée autour des points suivants : l’adoption d’une loi instituant l’aide publique à la presse privée ; la création d’un compte d’affectation spéciale doté de cinq milliards de F, arrêté chaque année par le parlement dans le cadre de l’adoption du budget de l’Etat ; la création d’une structure paritaire Etats-organes de presse pour la sélection des entreprises devant bénéficier de l’aide publique ».

Factures impayées

Face à la presse, le président de Fedipresse, Haman Mana a expliqué : « nos organes de presses sont essentielles à la vie, construction de la démocratie camerounaise et les laisser couler. Notre secteur d’activité c’est un bon milliers d’emploi directs et indirects qui d’un moment à un autre font voir leurs emplois stoppés, l’expérience du quotidien. D’un point socio-économique, il y a du souci à se faire. Nous interpellons qui de droit pour cette situation. Vous savez, il y a une chose simple que nous demandons, c’est que nos factures soient payées ». Il a aussi ajouté que : « Le quotidien de l’économie par exemple n’est pas en faillite mais il y a un problème simple d’administrations qui ne payent pas ce qu’ils ont commandé.  C’est le cas de la plupart des médias qui ont déjà une exploitation déficitaire. Mais également, il y a le fait que ce qui doit être payé n’est pas fait à temps. Nous avons fait cette sortie publique pour le déplorer et interpeller les autorités. Il y a déjà un ensemble de problèmes qui doivent trouver des solutions ».


>> Lire aussi : Crise anglophone : le CNC en appelle à la responsabilité des médias


Au cours des échanges, certains journalistes ont soulevé l’hypocrisie des Directeurs de publications (Dp) qui se plaignent de l’état critique de la presse au Cameroun mais prennent d’importantes sommes d’argent auprès du gouvernement sans qu’il y ait aucune traçabilité. le Dp de l’œil du Sahel, Guibai Gaitama a aussi évoqué le fait que la presse coûte cher au Cameroun. Pour lui, « il faudrait voir comment réduire le prix de vente ». Pour le journaliste Janvier Njikam, il faut faire mieux que d’écrire des mémorandums. Il faut poser des actes concrètes pour exprimer notre ras-le-bol. Les éditeurs du Cameroun font savoir à travers ce mémorandum que si des mesures ne sont pas prises, le pays court le risque de ne plus disposer que d’une presse faible, à la merci de tous les vents. Tout le monde perdra.

Par Vicky Tetga

Journaliste au quotidien Le Jour
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