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Présidentielle 2018 : Akere Muna et l’impossible candidature unique de l’opposition

Akere Muna semble être seul à caresser encore ce rêve. Pour les autres candidats comme pour les observateurs avertis, ce projet est voué à l’échec.

La convocation du corps électoral pour la présidentielle d’octobre devrait intervenir dans les tout prochains jours. Au plus tard le 16 juillet. A l’approche de cette échéance, le candidat déclaré Akere Tabeng Muna se fait plus actif et multiplie les visites de terrain. Grâce aux nouvelles technologies, le candidat de la plateforme « Now » est très visible sur Facebook et dans différents fora.

Joshua Osih, député du Wouri, au Cameroun. | Crédits : DR

Tout en travaillant à le faire connaître du grand public, son équipe continue de caresser le rêve de la formation d’une coalition de l’opposition. « Akere a cette idée en tête et les autres leaders aussi. Ils ont conscience qu’une alliance est la volonté de la grande majorité des Camerounais. Je pense qu’ils vont finir par trouver un consensus », glisse Paul Mahel, porte-parole du Bâtonnier.


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Un projet que Akere Tabeng Muna semble porter tout seul. « Ça ne sera pas possible. Parce que chacune des formations politiques de l’opposition se considère comme étant la solution. Il est donc difficile d’avoir une convergence », analyse le Pr. Mathias Eric Owona Nguini, sociopolitiste. En 2004, les candidats de l’opposition n’avaient pas pu surmonter leurs divergences et égos pour s’accorder sur une candidature unique. Certes, tous avaient donné leur accord de principe au départ. Avant que les textes ne viennent faire voler le projet en éclats. Il fallait par exemple parler français et anglais pour représenter la coalition.

Le leader du Front Social Démocratique (SDF) camerounais, Ni John Fru Ndi, a annoncé qu’il ne se présenterait pas aux élections présidentielles de cette année, à Bamenda. le 22 février 2018. | Photo : © AFP

Ce qui n’avait pas été du goût de Ni John Fru Ndi qui claqua la porte. Surtout qu’il estimait être le leader naturel de l’opposition qui lui avait préféré Adamou Ndam Njoya. Pour 2018, les choses semblent davantage complexes. « Ce n’est pas sûr qu’on arrivera à ce niveau-là. Si vous prenez quelqu’un comme Maurice Kamto, il n’est même pas dans une logique de coalition parce qu’il a peur de n’être pas le candidat choisi par cette coalition, donc il y est strictement opposé. La seule coalition qu’il accepte, c’est que tout le monde accepte de se mettre derrière lui. Cela m’étonnerait que l’ensemble des candidats de l’opposition accepte cette démarche. Il y a un certain nombre d’entre eux qui considèrent qu’ils ont des chances importantes », tranche Mathias Eric Owona Nguini.


>> Lire aussi : Présidentielle 2018 : l’opposition camerounaise peine à s’accorder sur une candidature unique


Maurice Kamto lors d’un meeting à Bafoussam | Photo d’archives

D’ailleurs, il y a quelques semaines, au cours d’un meeting à Mbouda, Joshua Osih, le candidat du SDF, a été très clair : « J’aimerais ici dissiper tout doute que les gens peuvent égrener au passage pour les élections qui arrivent. En 1992, Ni John Fru Ndi a gagné l’élection présidentielle devant les traîtres de l’opposition. Il ne faut pas qu’on vienne vous tromper en vous faisant comprendre que pour gagner l’élection présidentielle, il faut un candidat unique de l’opposition ». Un scepticisme que relativise Paul Mahel camer.be. « Ce qu’il faut noter, c’est que dans ce cas précis, une hirondelle ne fera pas le printemps. Pour qu’on arrive à une coalition, il faut que les quatre leaders soient sur la même longueur d’onde et comme vous le savez, c’est le fruit de plusieurs négociations. Je peux vous dire qu’ils se connaissent et se parlent. Au stade actuel je ne peux en dire plus. Mais je crois que ces leaders savent ce qu’ils font. Faisons leur confiance. »

« La question épineuse c’est qui va mener cette équipe. Presque tous les partis de poids sont convaincus d’être très bien implantés sur le terrain et commencent à se convaincre que s’il y a coalition à faire, c’est leur parti qui devra la conduire », note Fosting Nzodjou, écrivain.

Par Aloys ONANA

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