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Crise : les raisons de la colère anglophone

Voici deux ans déjà que les populations des régions du sud-ouest et du nord-ouest du Cameroun mènent une fronde contre le pouvoir central de Yaoundé. L'origine remonte à une grève des syndicats d'enseignants et des avocats qui a progressivement dérivé en conflit armé entre divers groupes séparatistes et l'armée camerounaise. Malgré des appels pressants au dialogue, la crise a tendance à s'enliser. Reportage à Buea, capitale régionale du sud-ouest anglophone.

S’il y a une rengaine qui est sur toutes les lèvres au sein de la minorité anglophone du Cameroun, c’est le sentiment de marginalisation. L’exemple majeur pour l’illustrer tient à ce qui est ressenti au Cameroun comme une francophonisation poussée de l’administration.


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« Le système est très fortement centralisé, explique un commerçant de Buea. Les Camerounais d’expression anglaise n’ont pas le droit à la parole. Nous avons des gouverneurs qui sont tous francophones, des administrateurs, les policiers, les militaires, les gendarmes, tous francophones. Comment voulez-vous qu’on survive dans ces conditions ? Même le système judiciaire est plein de francophones. Les gens sont arrêtés de manière arbitraire, emprisonnés sans façon. On ne tient aucun compte de leurs droits fondamentaux. Nous ne pouvons plus vivre dans un tel système. »

Inégalités

La répartition des richesses et le développement des infrastructures à l’échelle du pays sont également montrés du doigt. Pour ce vendeur à la sauvette, le déséquilibre est clairement prononcé en défaveur des régions anglophones :

« Regardez une localité comme Muyengue, qui est un gros bassin de production agricole dans la région du Sud-Ouest. Nous produisons le cacao, la banane plantain, le manioc, mais nous n’avons pas d’électricité, nous n’avons pas d’eau, toutes ces choses qui sont des besoins basiques, alors même que nous générons d’importantes ressources pour le pays. »


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D’autres encore évoquent un contentieux historique qui remonte à 1961, pendant la réunification, au cours de laquelle les anglophones auraient été trompés.

Par RFI

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