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Crise anglophone : Trois chalutiers arraisonnés avec des armes de guerre destinées aux sécessionnistes

Les éléments de la marine camerounaise ont arraisonné trois chalutiers dans la région du Sud-Ouest du Cameroun, dans la nuit du samedi 8 au dimanche 9 août 2018, a-t-on appris de sources officielles. Présentés comme des bateaux de pêche, ces chalutiers transportaient des cargaisons d’armes de guerre.

La fouille effectuée à bord de ces engins en provenance du Nigeria, a également permis de découvrir d’importantes sommes d’argent. Les 43 occupants de ces navires, pense-t-on dans les milieux sécuritaires camerounais, seraient des mercenaires recrutés au Nigeria, pour venir en soutien aux sécessionnistes anglophones des régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest du Cameroun, qui sèment la terreur dans cette partie du pays depuis un peu plus d’un an.

Sisuku Ayuk Tabe, le leader des sécessionnistes anglophones | Photo : Le courrier du Cameroun

Pour rappel, c’est au Nera Hôtel d’Abuja, dans la capitale nigériane, que Sisuku Ayuk Tabe, le leader des sécessionnistes camerounais, avait été interpellé le 5 janvier 2018, en compagnie de certains de ses lieutenants, avec lesquels il attend l’ouverture de son procès dans les geôles camerounaises.

Extradition de Sisuku Ayuk Tabe

Au lendemain de l’extradition au Cameroun du leader des séparatistes camerounais et de ses partisans arrêtés au Nigeria, le pays le plus peuplé d’Afrique avait assuré les autorités de Yaoundé de son soutien dans la préservation de la souveraineté et de l’intégrité du territoire camerounais, en évitant de faire du Nigeria une base arrière pour les lieutenants de Sisuku Ayuk Tabe.

Visiblement, cette assurance des autorités nigérianes est mise à rude épreuve par la longue et poreuse frontière de 1500 kilomètres que ce pays partage avec le Cameroun, et sur laquelle se déroulent divers trafics qui échappent aux autorités des deux pays.


>> Lire aussi : Crise anglophone : couvre-feu à Bamenda


Reconnaissant implicitement l’incapacité des douaniers à maîtriser ces trafics, Handed Ali, Contrôleur général des douanes nigérianes, avait ouvertement accusé les tensions dans les régions anglophones du Cameroun, de booster les importations illégales des armes sur le territoire nigérian. C’était le 23 novembre 2017 à Lagos, au cours d’une réunion avec les transporteurs maritimes.

Aujourd’hui, ce sont des chalutiers en provenance du Nigeria qui sont arraisonnés dans les eaux camerounaises, transportant des cargaisons d’armes de guerre et d’importantes sommes d’argent.

Par Brice R. Mbodiam

Agence Ecofin
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