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Samuel Ikome Sako : « Il n’y aura pas d’élection »

Samuel Ikome Sako, le président par intérim de l'auto-proclamée République fédérale d'Ambazonia, dit comprendre les deux régions anglophones.

Au Cameroun, l’élection présidentielle du 7 octobre risque de se tenir dans un contexte de violence avec la crise anglophone qui menace de se transformer en guerre civile.

L’élection présidentielle risque en effet d’être perturbée avec des attaques de bureaux de vote dans les deux provinces anglophones. Pourtant, mardi soir, sur les antennes de la DW, Joshua Osih, le candidat du SDF, Social Democratic Front, la principale force de l’opposition s’est montré favorable à la tenue du scrutin en dépit des violences.

Samuel Ikome Sako

Samuel Ikome Sako (au centre), le président par intérim de l’auto-proclamée République fédérale d’Ambazonia.

La réponse des séparatistes est pourtant claire : il n’y aura pas d’élection le 7 octobre. Par ailleurs, ceux-ci ne se reconnaissent pas dans le SDF. Samuel Ikome Sako, président par intérim de l’auto-proclamée République fédérale d’Ambazonia, dit comprendre les deux régions anglophones.


>> Lire aussi : Présidentielle 2018 : Le scrutin se tiendra dans « un environnement apaisé » selon Paul Atanga Nji


« Nous allons résister à toute tentative de nous forcer à participer à une élection qui n’a pas de sens. Nous allons seulement attendre de voir comment ils vont faire ça. Eux, ils sont pour le fédéralisme, nous ne sommes pas pour le fédéralisme. Le fédéralisme veut dire : nous voulons continuer à rester dans l’illégalité, dans la discrimination. Nous ne pouvons pas être en accord avec ces gens. Ils n’écoutent pas la population, ils ne nous représentent pas. Ils sont peut-être le problème que nous avons maintenant dans notre projet pour l’indépendance« , explique Samuel Ikome Sako.

Le SDF n’écoute pas les populations Samuel Ikome Sako

Les autorités rassurent

Le président camerounais Paul Biya au Grand Palais du Peuple à Beijing le 22 mars 2018. | Photo : © AFP

Le scrutin présidentiel du 7 octobre au Cameroun se déroulera « dans un environnement apaisé » sur tout le territoire national, a rassuré pour sa part Paul Atanga Nji, le ministre camerounais de l’Administration territoriale. Mais certains caciques du parti au pouvoir ne se font pas d’illusion. Le politologue Pascal Messanga Nyamding est membre du comité central du RDPC, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais et dirige le Mouvement des « Biyayistes ».


>> Lire aussi : Crise sociale : Les enlèvements se multiplient en zone anglophone


« Je fais le pari avec vous que plus les élections vont se rapprocher, plus ils vont mener des exactions. Parce que leur objectif est qu’il n’y ait pas d’élection. C’est connu. Une chose est sûre : ces terroristes contrôlent le désordre. Ils ont créé une situation de non-droit dans certains espace« , précise Pascal Messanga Nyamding. Dans un souci d’apaisement, les leaders sécessionnistes vont-ils appeler leurs éléments à observer une trêve pour permettre l’organisation d’une présidentielle apaisée ? Réponse de leur chef, Samuel Ikome Sako: « On va les appeler à cesser les hostilités seulement si les envahisseurs de notre pays vont déclarer le cessez-le-feu. Parce qu’on ne peut pas dire aux victimes de ne pas se défendre pour qu’il y ait la paix. »

Les deux provinces anglophones du Cameroun, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, représentent près de 15% de l’électorat, et un peu plus de 20% de la population du pays.

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Deutsche Welle
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