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Paul Biya et le défi sécuritaire

Les soixante-dix-neuf enfants enlevés dans une école protestante de Bamenda, ont été libérés. Toutefois, après avoir prêté serment, le président Paul Biya entame un nouveau septennat dans un contexte sécuritaire tendu.

Le nord-ouest du Cameroun est toujours en proie à des troubles séparatistes. Tous les 79 élèves ont été libérés mais les autorités n’ont pas encore précisé les conditions dans lesquelles cette libération avait été obtenue.

Ces enfants de la Presbyterian Secondary School de Bamenda avaient été enlevés avec trois membres de l’encadrement de l’établissement. Eux, ils sont toujours retenus.

La résolution de la crise dans les deux régions anglophones mais aussi la lutte contre Boko Haram dans le nord du pays, représentent les deux principaux enjeux de ce nouveau mandat.

Paul Biya démarre donc son septième mandat avec un problème majeur : la crise anglophone qui menace de plonger le Cameroun dans la guerre civile.

Pertes en vies humaines

Depuis décembre 2015, selon les chiffres des ONG et des Nations unies, entre 400 et 600 civils auraient été tué dans les affrontements qui opposent les sécessionnistes aux forces armées, et près de 200.000 réfugiés internes auraient fui les régions anglophones.

A ceci s’ajoutent, selon les chiffres du gouvernement, 171 membres des forces de sécurité qui auraient été tués par les séparatistes armés.


>> Lire aussi – Bamenda: soulagement après la libération des collégiens


Enfin, un phénomène inédit vient de voir le jour : l’enlèvement de masse. Lundi dernier, 79 élèves et trois responsables de l’école secondaire presbytérienne de Bamenda ont été kidnappés sans qu’on connaisse encore l’identité des auteurs. Ils ont été finalement libérés ce mercredi.

La solution de Paul Biya

Une situation qui a forcé le président Paul Biya à évoquer, lors de son discours d’investiture prononcé, la crise anglophone en invitant les sécessionnistes à déposer les armes.

« A ces entrepreneurs de guerre qui mettent à mal notre unité nationale et prônent la sécession, il faut qu’ils sachent qu’ils se heurteront non seulement à la rigueur de la loi, mais aussi à la détermination de nos forces de défense et de sécurité. Je leur lance un appel à déposer les armes et à retrouver le droit chemin. Je ferai en sorte que le calme et la sérénité reviennent  dans les deux régions concernées, dans le respect des institutions dont je suis le garant« , a déclaré le président.

Mais interrogé avant ce discours, Koupit Adamou, qui est membre du bureau politique de l’Union démocratique du Cameroun (UDC), un parti d’opposition, estime que le président réélu pour la septième fois ne saura pas résoudre cette crise.

« Ce serait une grande surprise, positive d’ailleurs, de voir qu’il soit à la hauteur. La situation a tellement été envenimée à cause de manquements criards, de comportements orgueilleux et provocateurs. Ce qui nous pousse à penser qu’il n’est plus la personne indiquée. »


>> Lire aussi – Crise anglophone : libération des élèves enlevés à Bamenda


Le Cameroun est au bord de la guerre civile, des milliers de personnes sont sur les routes, des centaines ont été tuées ou sont emprisonnées et malgré tout, le colonel Didier Badjeck, chef de division communication au ministère de la Défense, assure qu’il s’agit d’une crise de « faible intensité ».

« Je vais dire de manière globale que la situation est sous contrôle. Pour nous c’est une crise de faible intensité, c’est-à-dire que si on peut la classifier de manière polémologique (science de la guerre, ndlr), elle est encore de basse intensité parce qu’on n’utilise pas de gros moyens et puis on a quand même des Camerounais en face. Même si ces groupes armés sont infestés des mercenaires étrangers, il y a des Camerounais dont on espère qu’à tout moment, ils vont revenir à des sentiments meilleurs. »


>> Lire aussi – Prestation de serment : Paul Biya reconnait les « frustrations » des anglophones


Le septennat qui démarre après l’investiture de Paul Biya devrait s’efforcer de mettre la préservation de l’intégrité territoriale et la consolidation de l’unité au centre de ses priorités.

Mais le président Paul Biya aura fort à faire afin que les Camerounais du Nord-ouest, du Sud-ouest mais aussi de l’ensemble du territoire se sentent en phase avec ce septennat dit « des grandes opportunités ».

Par Elisabeth Asen

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