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Obili : le quotidien des déplacés internes

Obili, un quartier populaire de la ville de Yaoundé. Sa spécificité est qu’il abrite la plus forte communauté de populations en provenance du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Clément Fai est mécanicien, il y réside depuis de nombreuses années et fait partie de ceux qui subissent les conséquences de la crise dans la partie anglophone du Cameroun.

Il accueille, dans sa petite maison à Obili, ses frères, ses sœurs et leurs enfants qui ont fui la guerre à Bamenda, dans le Nord-Ouest.

Mécanicien, Clément ne parvenait déjà pas à joindre les deux bouts. Aujourd’hui, sa situation s’est empirée.

« Ce n’est pas facile. Les femmes sont à la maison, il y a ma grande sœur qui est enseignante, elle a fui avec ses enfants qui fréquentaient un établissement chez nous à Bamenda. Tout le monde est ici. Les hommes sortent quand même avec moi, pour qu’on se débrouille ensemble. Les femmes restent à la maison », constate le mécanicien avec désolation.


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John, quant à lui, a perdu toute sa famille. Il n’a pas eu la chance de trouver une famille d’accueil depuis son arrivée à Yaoundé il y a cinq mois. Il est donc obligé de dormir dans la rue.

« Je dors dans les agences de voyage parce-que j’ai perdu toute ma famille. Je ne peux plus y retourner. »

Un flux important de déplacés 

Depuis 2015, on enregistre un nombre important de déplacés dans les grandes métropoles camerounaises. La situation socio-économique se dégrade de plus en plus.

Morgan Palmer, expert en gestion de crise, estime que c’est une situation qui surprend le gouvernement.

« Il y a un contexte qui est qu’aujourd’hui le Cameroun a plusieurs conflits au sein de son territoire. On a Boko Haram à l’extrême nord, la République centrafricaine qui menace notre frontière à l’est. Le gouvernement n’avait pas forcément prévu ce qui est en train de se passer au Nord-Ouest et au Sud-Ouest. »


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L’expert en gestion de crise ajoute que « pour un pays dans un contexte de récession économique, supporter tout cela a un vrai coup. Je pense qu’il ne faut pas être trop sévère, on a un gouvernement qui a été pris de court par tout ce qui se passe. Évidemment, trouver des solutions, ça demande un peu de temps. »

A côté des multiples organisations internationales qui se déploient pour la prise en charge de ces déplacés internes se trouve en bonne place le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) qui annonce un grand déploiement sur le terrain dans les jours à venir.

Le but sera de recenser le nombre de déplacés internes puis de répondre à leurs besoins et améliorer les conditions d’existence de ces personnes victimes de la guerre dans les régions Nord-Ouest et Sud-Ouest du Cameroun.

Par Elisabeth Asen

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