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Crise anglophone : Paul Biya décide l’arrêt des poursuites contre 289 détenus

Le président camerounais Paul Biya a annoncé le 13 décembre l'arrêt des poursuites contre 289 personnes arrêtées pour des délits commis dans le cadre de la crise anglophone.

« J’ai décidé ce jour de l’arrêt des poursuites pendantes devant les tribunaux militaires contre 289 personnes arrêtées, pour des délits commis dans le cadre de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest », a annoncé Paul Biya sur les réseaux sociaux, le 13 décembre. Cette décision, a précisé le chef de l’État, devra être « mise en oeuvre à la diligence du ministre délégué à la présidence chargé de la Défense ».

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Cette décision intervient peu après la création du comité national de désarmement, de démobilisation et de réintégration (CNDDR), le 30 novembre dernier. Elle « procède de [la] volonté [de Paul Biya] de permettre à ceux de nos jeunes compatriotes de ces deux régions désireux de renoncer à la violence et de revenir dans le droit chemin de pouvoir de nouveau participer à la grande oeuvre de construction nationale », précise un communiqué du secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh.

« Résolution pacifique de la crise »

« Le chef de l’État réaffirme sa détermination à poursuivre sans relâche ses efforts dans la recherche des voies et moyens d’une résolution pacifique de la crise », poursuit le communiqué. Le conflit en zone anglophone, qui s’est intensifié depuis un peu plus d’un an, aurait fait plus de 160 morts parmi les forces de sécurité et plus de 400 victimes civils. Entre 200 000 et 300 000 personnes ont également déjà fui leur domicile, dont beaucoup vers le Nigeria voisin.


>> Lire aussi – Sisiku Ayuk Tabé, « le président de l’Ambazonie », restera en prison


Les principaux leaders de la cause séparatiste ambazonienne sont quant à eux toujours emprisonnés à Yaoundé et ne sont pas concernés par cette mesure. Le procès de Sisiku Julius Ayuk Tabe, président du « gouvernement de l’Ambazonie », et consors doit se poursuivre le 10 janvier devant le tribunal militaire de la capitale camerounaise. Ayuk Tabe et ses neuf coaccusés comparaissent depuis le 6 décembre pour apologie d’actes de terrorisme, sécession, financement d’actes de terrorisme, révolution, insurrection et hostilité contre la patrie.

Par Mathieu Olivier

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