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Les principaux événements ayant marqué les Camerounais en 2018

L’élection présidentielle, le retrait de la Coupe d’Afrique des nations de football 2019 et la crise anglophone : voici ce qui a retenu l’attention des Camerounais en 2018.

L’élection présidentielle

Photo : PRC

« I do so swear ». C’est en ces termes, d’une voix pesante que le président Paul Biya, 85 ans a prêté serment le 6 novembre 2018 pour un 7e mandat.

Une victoire aux urnes contestée vivement par l’un des candidats à ce scrutin dès le 8 octobre, au lendemain de l’élection présidentielle.

« J’ai reçu du peuple camerounais, un mandat clair que j’entends défendre fermement », avait alors déclaré à la surprise de tous, Maurice Kamto, du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC).


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Les Camerounais sont loin d’oublier ce moment fort de la vie politique du pays en 2018.

« Le contentieux post-électoral de Maurice Kamto, ça m’a vraiment beaucoup marqué dans un pays où nous sommes aveuglés, et il nous a ouvert les yeux, c’est son courage, sa détermination m’a beaucoup marqué et j’ai apprécié ce qu’il a fait pour nous », commente Nadège, une jeune mère de trois à Yaoundé.

Sur le sujet, la démarche de Maurice Kamto n’a pas convaincu tous les Camerounais. « ‘Voler’… Ce n’est pas sûr qu’on ait ‘volé’ sa victoire et moi je n’ai pas cru à sa victoire, je suis de la région de l’Ouest comme lui, j’estime que ses revendications étaient vaines », soutient un agent communal de la capitale camerounaise.


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Les risques d’un affrontement tribal étaient certains dès lors que Maurice Kamto maintenait sa position de « vainqueur du scrutin« .

« C’était devenu comme une guerre tribale, puisque il y’avait cette forme de division entre les tribus du centre, disant que le candidat qui s’était auto –proclamé était de l’ouest », se souvient Darius, employé du secteur privé, qui croit cependant que l’essentiel a été sauf.

« Les Camerounais n’ont pas cédé à cette panique-là. Je pense que ça fait un pas de plus pour le Cameroun ».

Retrait de la CAN

Le président de la CAF, le Malgache Ahmad. | Photo : MOHAMED EL-SHAHED / AFP

Si le chaos a été évité sur le plan politique, le retrait de la Coupe d’Afrique des nations de football 2019 au Cameroun, en fin novembre 2018 a plongé tout un peuple dans l’émoi.

« La décision a été un coup de poignard dans le dos des Camerounais puisqu’on ne s’attendait pas à ça », dit Jean-Jacques, commerçant au marché central de Yaoundé.

« Nous sommes tout simplement déçus, ce n’est pas le pays de Roger Milla et Samuel Eto’o qui devait avoir ce genre de problème »confie à VOA Afrique, Marlyse, administratrice d’une académique de football à Yaoundé.


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« C’est depuis 5 ans que nous avons prévu organiser la coupe, durant ces 5 ans, rien n’a été fait, les engagements qui ont été pris n’ont pas été fondés »se désole Marie Jeanne, étudiante à l’université de Yaoundé 2.

« Il faut qu’on nous remette la CAN, on mérite cette CAN », réplique Christian, opérateur économique​.

En rappel, l’insec dans les régions anglophones ; le nord-ouest et le sud-ouest, a été l’un des arguments évoqués par la Caf, pour retirer la Can 2019 au Cameroun.

Preuve qu’en 2018 la crise anglophone s’est enlisée, malgré la libération en décembre de 285 détenus.

Crise anglophone en 2019

Sisiku Julius Ayuk Tabe, le leader des sécessionnistes anglophones | Photo : Le courrier du Cameroun

« Il faut surtout arriver à une discussion nationale sur le devenir du pays. Et il ne doit pas avoir de questions taboues, la décentralisation, la forme de l’Etat, tout doit être discuté lorsque le pays se trouve dans la situation dans laquelle il se trouve », propose Anicet Ekane, homme politique, président du parti Manidem, qui appelle à plus de détente politique pour l’année 2019.

Ayah Ayah Abine, responsable d’une fondation qui soutient les victimes de la crise anglophone, a des propositions plus concrètes pour sortir de trois années de crise anglophone en 2019.


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« Libération de tous les prisonniers politiques, on construit les villages qu’on a incendiés, on fait revenir les gens qui sont dans les brousses, environs 200.000 selon les chiffres que nous avons, la fondation Ayah et les 500.000 déplacés qui sont côté francophone du pays et plus de 50.000 réfugiés qui sont au Nigeria. Si ceci est fait, un retour au calme, ça sera naturel ».

Finalement, ce sont les trois derniers mois qui ont finalement marqué l’année 2018 au Cameroun.

Par Emmanuel Jules Ntap

Emmanuel Jules Ntap fait carrière dans le journalisme depuis 2001. Il a exercé au Cameroun, et à l’étranger. En février 2017, il devient correspondant radio, web et TV à Yaoundé pour VOA Afrique. fallntap@gmail.com
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VOA Afrique
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