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Félix Tshisekedi confirmé président de la RDC : Union africaine divisée

La plus haute juridiction du pays a proclamé Félix Tshisekedi Tshilombo Président élu de la République démocratique du Congo (RDC). Il devient ainsi le cinquième Président depuis l'accession du pays à l'indépendance, le 30 juin 1960.

La Cour constitutionnelle a rejeté le recours du candidat malheureux Martin Fayulu Madidi qui contestait les résultats de la présidentielle. La haute Cour a estimé que la requête n’était pas fondée, parce que l’intéressé n’ayant pas apporté des preuves convaincantes que les résultats publiés par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) n’étaient pas conformes à la réalité. La plus haute juridiction du pays a donc proclamé Félix Tshisekedi Tshilombo Président élu de la République démocratique du Congo (RDC). Il devient ainsi le cinquième Président depuis l’accession du pays à l’indépendance, le 30 juin 1960.

En raison des contestations post-électorales intervenues lors de ces consultations électorales, une délégation de l’Union africaine (UA) qui voulait se rendre à Kinshasa dès ce lundi 21 janvier, a reporté sine die son déplacement sans fixer une nouvelle date. En effet, les chefs d’État membres de la dite délégation devaient rencontrer les différents acteurs politiques congolais impliqués dans le processus électoral, y compris le Président sortant Joseph Kabila, notamment pour les exhorter à s’engager sur la voie du dialogue constructif pour régler pacifiquement la crise post-électorale, et ce, dans un esprit de compromis et de réconciliation nationale, à s’abstenir de tout acte ou toute déclaration qui pourrait envenimer la situation et attiser la violence post-électorale, et surtout à garantir une solution politique qui soit dans l’intérêt du peuple congolais.


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Les chefs d’État africains avaient préalablement appelé les autorités congolaises à suspendre toute proclamation des résultats définitifs de l’élection présidentielle jusqu’à leur venue. Mais la Cour constitutionnelle qui est l’ultime instance chargée d’examiner et de traiter les contentieux électoraux, la transparence des processus de dépouillement des votes et la publication des résultats définitifs, n’a pas attendu l’arrivée de chefs d’État africains pour rendre son arrêt sur les différents recours relatifs à la présidentielle, présentés par le candidat malheureux Martin Fayulu Madidi.

Il faut dire que l’Union africaine est divisée sur la question. L’initiative de ces chefs d’État de la sous-région, au nom de l’Union africaine, était mal perçue tant par d’autres chefs d’État du continent, que par les Congolais, qui considèrent qu’une telle démarche est inappropriée et peu crédible. Nombreux observateurs de cette organisation continentale y voient là une immixtion incongrue dans les affaires intérieures d’un pays et une atteinte grave à l’indépendance de la justice d’un État souverain. Dans la mesure où cette initiative était susceptible de nuire à une procédure en matière de contentieux électoral, en imposant une médiation avant toute procédure judiciaire.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a bien perçu également le risque majeur pour une telle démarche du président de l’Union Africaine, Paul Kagamé qui, bien que louable en théorie, s’avérait dangereuse pour la démocratie, parce que susceptible d’empiéter sur les domaines de compétence du pouvoir judiciaire. Ce qui risquait de saper l’autorité de la Cour constitutionnelle de ce pays et créer un précédent susceptible de compromettre l’indépendance de la justice.


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Le secrétaire général des Nations unies a donc réagit rapidement pour recadrer les choses, en clarifiant que l’UA ne s’était pas exprimée en tant qu’institution, mais que c’était une initiative d’un groupe de chefs d’Etat africains invités par le chef de l’Etat rwandais, Paul Kagamé, président en exercice de l’UA. Toutefois, Antonio Guterres a souhaité que cette démarche se fasse dans le respect de la volonté du peuple congolais, de la démocratie et de la législation nationale applicable en matière de règlement de contentieux électoraux.

 » Nous espérons maintenant que le processus électoral en République démocratique du Congo se conclura sans violence dans le plein respect de la volonté du peuple congolais et des règles juridiques et constitutionnelles du pays « , a martelé Antonio Guterres.

C’est donc un appel au strict respect de la légalité constitutionnelle et une invitation au respect de l’arrêt de la Cour constitutionnelle. En effet, dans une démocratie, l’autorité judiciaire est indépendante du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif. Il est donc essentiel que le pouvoir judiciaire soit véritablement indépendant et ne subisse pas des pressions de la part des autres pouvoirs.

En effet, même si l’utilité d’une telle démarche ne fait aucun doute, on imagine mal comment la Cour constitutionnelle pouvait obtempérer à une telle demande de l’UA, en violation des dispositions applicables de la Constitution de la RDC.


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Toutefois, au vu de ce qui précède, il y a lieu de croire que si la mission africaine tient toujours, l’agenda devra être complètement remanié, sinon la démarche risque fort bien de s’avérer vaine et contre-productive, car les Congolais n’accepteront pas des telles intrusions des États tiers qui ont des intérêts  économiques et stratégiques et qui ne souhaitent pas forcément la paix et la stabilité politique de ce grand pays d’Afrique centrale.

Maintenant que les contentieux électoraux sont réglés et que le Cour a publié les résultats définitifs des élections, le plus dur reste à venir. Les Congolais, avec leur nouveau président, Félix Tshisekedi Tshilombo, doivent savoir que les défis à relever sont énormes pour ce pays, et que, tout le monde doit mettre la main à la pâte en participant activement à la reconstruction économique et sociale de ce pays.

Par Isidore KWANDJA NGEMBO

Politologue
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