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Maurice Kamto risque la peine de mort

L'opposant est inculpé par un tribunal militaire pour rebellion, insurrection et hostilité contre la patrie. Il a passé sa première nuit à la prison centrale de Yaoundé.

Depuis son arrestation le 28 janvier à Douala, Maurice Kamto était garde à vue dans une unité spéciale de la police à Yaoundé. Le leader de l’opposition camerounaise du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) devrait être entendu sur le fond par un juge d’instruction.

Par ailleurs, au moins cent cinquante de ses partisans également en garde à vue ont été conduits ce mardi 12 février devant un tribunal militaire à Yaoundé.

Ils avaient été arrêtés après la manifestation du 26 janvier contre la réélection du président sortant Paul Biya, au pouvoir depuis 36 ans. Dans le camp de Maurice Kamto, on dénonce un procès politique.

« Recul pour la démocratie »

Pour maître Emmanuel Simh, ce que veut le régime Biya c’est la liquidation du MRC :

« Lorsque l’on vous poursuit pour l’infraction d’hostilité contre la patrie, la peine prévue est la peine de mort. Donc Maurice Kamto risque la peine de mort. C’est ce qu’il faut que le monde entier comprenne. Un homme politique qui a fait une manifestation publique où il n’y a pas eu de blessés, où il n’y a eu aucun incident, puisse être poursuivi au point de risquer la mort. Cela veut dire simplement qu’on veut éliminer l’opposition et rentrer dans l’époque du parti unique au Cameroun. »


>> Lire aussi – La France « préoccupée » après l’inculpation de Maurice Kamto


De l’avis de Hens de Marie Hengoup, spécialiste du Cameroun à l’International Crisis Group, l’inculpation du leader du MRC devant un tribunal militaire est une grave atteinte aux libertés d’expression et « un recul » pour la démocratie camerounaise :

« Il est difficile, dans un pays qui de par sa constitution et ses lois se prévaut d’être un pays démocratique, que le leader de l’opposition soit arrêté et traduit devant un tribunal militaire pour des marches politiques alors qu’il formulait des revendications elles aussi politiques. Cela montre clairement que le Cameroun, qui structurellement est un Etat autoritaire, a franchi une nouvelle gradation dans la restriction des libertés publiques et dans le musèlement tant de l’opposition que de la société civile. « 

Pour l’instant, hormis les Etats-Unis, la communauté internationale reste muette sur la situation postélectorale et la répression politique au Cameroun.

Par Mahamadou Kane

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